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L'Algérie est l'homme malade du Maghreb. Dans notre voisinage africain immédiat, c'est le pays le plus riche et c'est aussi celui qui se porte le plus mal. Le gaspillage et la corruption y étalaient leurs ravages lorsque le président sortant, lui-même malade, s'est fait tailler une réforme de la constitution lui permettant - malgré la catastrophe dans laquelle est plongé le pays- d'être réélu une nouvelle fois.
L'exemple russe fait aujourd'hui des émules dans le monde et la recette est simple : pour être définitivement président, il suffit d'un parlement servile, d'une opposition muselée, d'une justice accommodante et le tour est joué.
Qu'importe une jeunesse algérienne qui sombre dans le désespoir et la haine, qu'importe la résurgence des attentats islamistes, qu'importe le désarroi des intellectuels, des étudiants, la crise sociale qui ronge les banlieues, les bidonvilles... On a le sentiment que tout est fait pour que l'explosion d'un peuple accompagne la satisfaction de dirigeants repus.
Les deux voisins du pays, le Maroc et la Tunisie, donnent aux Algériens une leçon quotidienne de sagesse, de développement maîtrisé, d'évolution progressive vers un état de droit... Qu'importe !
Seul dans son impuissance aveugle le pouvoir algérien rumine éternellement une forme de rancoeur contre la France, l'Occident, le passé et l'avenir, les autres religions, les autres pays, les autres économies, les autres langues, les autres... tout simplement.
Fannie Mae et Freddie Mac, les deux compères du crédit hypothécaire américain, ont défrayé la chronique voici quelques semaines, avant de s'éloigner en se dandinant comme deux personnages de Walt Disney... Fannie et Freddie ! On imagine ces prénoms inoffensifs posés comme des papillons sur des boîtes aux lettres de banlieue, dans la fumée d'un barbecue du dimanche, quelque part du côté de l'Ohio ou de la Caroline du Nord.
C'est un des « miracles » de la société américaine que de rendre le monde joyeux comme une citrouille, les villas en contreplaqué aussi solides qu'un château fort, le crédit immobilier aussi beau qu'un cadeau, les pesticides sympathiques et la compétition politique plutôt marrante...
A Jérusalem, ville des religions du Livre, le nouveau maire est un laïc. Il était temps ! L'histoire de la ville sainte est à elle seule une synthèse de tous les massacres. Au moment même où le maire est élu, une empoignade virile a mis aux prises des barbus redoutables et des moustachus austères. Quelques hercules de bénitiers ont fait tournoyer les soutanes et voler, au-dessus des clochers, les couvre-chefs les plus sacrés.
A coups de poing dépourvus de charité, on se disputait quelques mètres carrés du Saint Sépulcre...
Est-ce que c'est la planète qui est folle ou nos mots qui ont perdu la raison ? Au moment où la France fêtait délicatement la journée de la gentillesse, deux provinces de la république de Géorgie se trouvaient brutalement et définitivement occupées par des milliers de soldats russes... On avait sans doute oublié dans les couloirs du Quai d'Orsay, cette ancienne boutade russe : « Ce qui est à nous est à nous, ce qui est à vous, ça se discute... ».
Au moment où l'on apprend que l'année 2008 aura été la plus froide depuis dix ans (*), le prix du brut dégringole... Finie, « la flambée de l'or noir » ? Assoupi, le réchauffement climatique ?
C'est maintenant qu'il faut relire Anatole France (L'île des pingouins). Il avait compris notre monde d'aujourd'hui, constellé de paradoxes, mieux que nous ne le ferons jamais :
« Quand il n'obéit pas au gouvernail, le navire obéit à l'écueil ».
* Information du Directeur de l'Unité de recherche climatique de l'Université britannique d'East Anglia
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