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N°107 - Août 2008
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Par La rédaction

 
 

Corsica & Vous

 
 

L'actu de la Corse en quelques brèves...

 
 

Pierre Fava, l'inconnu qui bientôt ne le sera plus


Il n'a pas trente ans et s'affirme déjà comme un grand nom de l'art contemporain. A Toulon où il vit et en Corse dont il est originaire, Pierre Fava est un inconnu. Ses toiles ont pourtant reçu l'hommage unanime de la critique. Rien ne prédisposait le gamin maltraité par sa mère et qui ne verra pratiquement jamais son père à un tel parcours. Plutôt attiré par le sport et après des études « inexistantes » de son propre aveu, Pierre Fava reçoit un choc devant un tableau de Jackson Pollock au cours d'une exposition au Centre Pompidou. Déclic. Il se met à la peinture et adresse un curriculum vitae sous la forme d'un cdrom aux plus grandes galeries. A New York, l'Agora Gallery, Mecque de la découverte des talents, en fait l'un de ses protégés. Depuis, les éloges pleuvent et les oeuvres de ses séries Deadline et Virus l'ont déjà mené à être comparé à Pierre Soulages, en particulier pour son travail du « noir ». L'intéressé, loin du babillage abscons de nombre de ses semblables, fait preuve d'une saine distance et d'un humour à froid qui ne laissent pas indifférent. Et si on évoque Soulages en référence à son travail, il répond : « J'utilise le noir. Mais ce n'est pas parce que votre voiture est rouge que c'est une Ferrari. » Touché. AA
http://www.ptchomedesign.com

 
 

Théâtre, rentrée théâtrale pour Laetitia Casta


Alors qu'on l'avait découverte au théâtre dans Ondine, Laetitia Casta (swann d'or de la meilleure actrice au dernier festival de Cabourg) revient sur scène, en septembre, au théâtre de La Madeleine à Paris. Elle partagera ainsi l'affiche de Elle t'attend, une pièce de Florian Zeller, avec Bruno Todeschini. Le thème : sous le soleil de Corse, une femme attend l'homme qu'elle aime. Il tarde à venir... Florian Zeller, qui signe aussi la mise en scène, explore en Méditerranée les gouffres du sentiment amoureux. CS

 
 

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Musique, le credo serein de Barbara Furtuna


La sortie d'un nouvel album donne généralement lieu à des tournées de promotion. Le groupe Barbara Furtuna fait l'inverse en choisissant de faire vivre ses nouveaux titres en scène avant de les enregistrer.
En règle générale, désormais, les artistes enregistrent en studio, puis partent en tournée faire la promotion de leur nouveau CD. De live en live, les titres évolueront jusqu'à parfois ne plus guère ressembler à leur version en disque. Le groupe Barbara Furtuna a adopté une toute autre démarche pour son second opus, In Santa Pace, sorti le 26 juin. Ils en ont même différé la sortie, prévue initialement en 2007. « Nous voulions, explique Jean-Philippe Guissani, que les nouveaux chants aient d'abord le temps de vivre sur scène. Le groupe est en mouvement, alors qu'un album, c'est finalement comme un cliché, quelque chose de figé et de définitif qui ne rend compte que d'un bref moment de vie. Vu que nous tournons beaucoup, il nous a semblé bon que ces nouveaux titres se patinent un peu, qu'ils prennent de la bouteille ». Aussi ce titre de In Santa Pace n'est-il pas seulement une référence au chant sacré sur lequel s'appuie le tour de chant de cette formation à quatre voix. C'est aussi le reflet d'un état d'esprit, d'une sérénité dans la création comme dans la concrétisation de l'album. « Dire que c'est l'album de la maturité serait un cliché énorme. Malgré tout, il y a un peu de ça. Nous poursuivons simplement notre chemin, sans presser le pas, avec nos doutes, certains cependant que l'avenir nous apportera autant de beauté que de douleur. Et bien décidés à jouir de chaque moment qui nous est donné... in santa pace ». Si l'esthétique musicale de ce second CD reste identique à celle du précédent, on y trouve cependant un répertoire beaucoup plus personnel où les créations (Jean-Philippe Guissani et Maxime Merlandi) ont pris une place plus importante. Les deux répertoires, sacré et profane, y restent intimement liés, « se nourrissant l'un de l'autre comme ils l'ont certainement fait depuis longtemps » de même que le traditionnel et la création viennent s'entremêler, le matériau ancien servant de support « à un édifice plus contemporain ». Quant à l'interprétation, elle est bien plus qu'impeccable : inspirée, habitée, généreuse. Une plage musicale de saine et sainte paix, à s'octroyer sans modération, en CD ou mieux encore à partager en concert... EM

In Santa Pace, chez Buda Musique. Plus d'informations, notamment sur les dates de concerts en Corse comme hors de Corse sur : www.barbara-furtuna.fr

 
 

Visite, Delanoë à L'Ile-Rousse


Mimi Allegrini-Simonetti, conseiller territorial PS, organisera ce mois-ci la visite de Bertrand Delanoë à L'Ile-Rousse. Au programme, séance de dédicace de son « De l'audace ! » (chez Robert Laffont), ouvrage fondateur du maire de Paris, et rencontre-débat avec le public. L'organisation de cette manifestation a été confiée à Mimi Allegrini-Simonetti à la demande de Delanoë, l'élue de Balagne le soutenant dans la bataille pour la présidence du PS. CS

 
 

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Soif, impressions à froid sur le thé


Importateurs de thés, qu'ils commercialisent sous leur marque, Terre Impériale, François et Juliette Filippi s'attachent à démontrer que le five o'clock tea passe sans problème à l'heure d'été. C'est entendu, le thé - le vrai, pas les brisures et les poussières de feuilles que l'on recycle en sachets-mousseline et qui donnent une infusion aussi amère que déprimante - est une excellente boisson. Mais, a priori, plutôt réservée aux saisons frisquettes voire carrément froidureuses. Certes, le thé à la menthe bien brûlant et bien sucré est souverain pour désaltérer et redonner de l'énergie pour supporter la chaleur. Toutefois, dès que le fond de l'air se fait chaud, on a tendance à se tourner vers des boissons très fraîches, bien frappées, ne demandant aucune préparation fastidieuse, aucun temps préalable de refroidissement. Et donc à remiser temporairement théières et bouilloires. Ce en quoi François et Juliette Filippi ne nous donnent pas tort. Avec malgré tout une réserve de taille : ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain ! Ou plutôt, ne pas renoncer à cet excellent breuvage parce qu'on renonce provisoirement à l'eau chaude ! Car il s'infuse aussi à froid, au réfrigérateur, le plus simplement du monde comme invitent à le vérifier ces deux passionnés du thé qui ont pris et remporté le pari de devenir, en Corse, importateurs de thés sous leur propre marque, Terre Impériale.
Ils proposent des « crus » de qualité tout en cassant l'image « un peu pouêt-pouêt, un peu élitiste » qui colle encore souvent à cette boisson pourtant extrêmement populaire dans le monde (dans plus de 200 pays, elle supplante largement le café qu'elle talonne désormais en France et aux États-Unis où l'on est pourtant accro au « noir », long ou serré). Après avoir testé, sur les marchés et les foires de l'île, l'accueil que le consommateur pouvait réserver à leurs produits, ils ont ouvert l'hiver dernier à Ajaccio une boutique où le connaisseur comme le curieux sont reçus avec la même bonne humeur et sont invités à humer, goûter, sans plus de façons. Depuis le mois de juillet, les Filippi démontrent que le « five o‘ clock tea » passe sans problème aucun à l'heure d'été, avec des thés glacés, granitas et milk-shakes de thés ou encore de très givrés cocktails de fleurs, plantes et fruits, comme « L'élixir des zébus » particulièrement désaltérant. Des rafraîchissements peu ou pas du tout caloriques, aux couleurs acidulées pour autant naturelles, à consommer sur place ou à préparer chez soi grâce à leurs petits conseils. Sans passer par la case bouilloire et sans avoir à réinventer l'eau tiède. EM

 
 

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Expo, toiles entre terre et ciel


Jusqu'au 18 août, Sophie Pollini, artiste-peintre bastiaise, expose ses toiles Terre-Ciel à l'hôtel Sofitel Thalassa de Porticcio. Sophie Pollini dit volontiers que la peinture est son refuge. Mais elle précise aussitôt sa conception personnelle d'un refuge : « Ce n'est pas nécessairement fait pour abriter des gens malades ou des chiens abandonnés, pour accueillir la tristesse et le malheur ». Elle laisse donc volontiers à qui veut les revendiquer ou s'y draper les idées préconçues sur l'artiste maudit qui ne peut créer qu'en état de souffrance, quitte à créer avant toute chose les conditions de cette souffrance, ne pouvant pour sa part peindre que « dans un état d'esprit heureux. » Née à Bastia où elle réside désormais, cette ancienne élève des Beaux-Arts de Paris passée par l'université de Corse privilégie plus volontiers les grands formats et les diptyques. Ses toiles, tout à la fois douces et très lumineuses, parlent d'enracinement, de germination, de croissance. Elles parlent de graines qui, parties de la terre vont chercher à tutoyer le ciel au travers du bourgeon, de la pousse, de la plante, de l'arbre, avec la complicité de la pluie et du vent. Elles parlent de fruits qui boucleront le périple tout en le renouvelant, grâce à la graine. Ni abstraites ni complètement figuratives, elles se proposent comme des histoires à voir et à recevoir, en se fiant à ses yeux et en écoutant ses émotions, sans chercher à les intellectualiser à toute force.
Jusqu'au 18 août, ces toiles qui narrent de patients, d'obstinés et tendres voyages entre la terre et le ciel, sont exposées à l'hôtel Sofitel Thalassa de Porticcio. EM

 
 

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Environnement, un très bon plan(t) !


Le conservatoire botanique de Corse, service de l'Office de l'environnement de la Corse, a reçu l'agrément qui fait de lui le onzième conservatoire national de ce type. C'est « à l'unanimité et sans restriction » que, le 24 juin, la commission des Conservatoires botaniques nationaux a accordé au conservatoire botanique de Corse l'agrément au titre de « conservatoire botanique national ». Jolie récompense pour le travail accompli depuis des années par ce service de l'Office de l'environnement de la Corse (OEC) qui oeuvre pour la reconnaissance et la préservation de la spécificité botanique insulaire. L'île qui avait été, en 1986, déjà, la première région française à établir une liste régionale d'espèces protégées, compte en effet quelque 3 000 espèces végétales. Parmi lesquelles 12 % sont endémiques - c'est-à-dire qu'elles ne poussent que dans la zone géographique bien précise de Corse, Sardaigne, Baléares - et 5 % sont strictement endémiques - elles n'existent que dans cette île et nulle part ailleurs - dont une quinzaine en voie de disparition selon l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (IUCN).
Au-delà de son aspect gratifiant et d'une labellisation, cet agrément va permettre au conservatoire botanique national de Corse - le onzième de ce type pour la métropole et l'outre-mer - de disposer de moyens accrus pour la conservation de la flore et des habitats naturels. Par exemple, créer des postes supplémentaires de botanistes confirmés ou se doter d'un « outil de terrain » pour l'expérimentation et le développement de la conservation in situ des espèces endémiques. Ou encore engager des actions d'envergure sur le long terme : réalisation sur 5 ans d'un atlas de la flore de Corse, création d'une banque de graines des espèces les plus menacées en partenariat avec le conservatoire botanique de Sollers à Majorque et le conservatoire botanique de Brest, participation à des plans transnationaux de conservation des espèces... Un très bon plan(t), en somme... EM


 
 

Musique, voyage musical au Lazaret


Andoni Aguirre et Antoine Alerini, pianistes et compositeurs, ont élaboré un voyage musical dont le point de départ est la Corse, son histoire et ses liens avec d'autres pays et d'autres musiques. Tout en restant dans le domaine de la musique classique et savante, Aguirre et Alerini proposent un programme varié, représentant différentes époques, différentes cultures et différents langages. Le célèbre Dio vi salve Regina transcrit par Henri Tomasi pour piano à quatre mains en est l'ouverture. Suivent les Transcriptions de chants corses pour piano à quatre mains de Maurice Ravel. Henri Tomasi et Maurice Ravel ont fréquenté tous deux les classes du Conservatoire de Paris. Bien qu'appartenant à deux époques différentes, ils sont issus de la même « école » et on sent quelquefois dans la musique de Tomasi l'héritage de Ravel. Ravel qui fut un grand admirateur du compositeur russe Modeste Moussorgski, fit une orchestration de ses Tableaux d'une exposition. Ce rapport entre les deux musiciens nous amène naturellement en Russie ! Granados (extraits de « Goyescas »), Albéniz (extraits de « Iberia »), Félix Ibarondo (Prélude pour piano seul), Bach (Concerto italien), Scarlatti (Sonates) et Verdi (Transcriptions d'opéra pour quatre mains et piano seul) nous ramènent en Méditerranée. Soirée unique. Dans les jardins du Lazaret-Ollandini à Ajaccio, le 18 août à 21 h 30. CS

 
 

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Sport-loisirs, de l'air !


Il fait chaud ? A Porticcio, l'école de trapèze volant Tocca l'aria propose une façon assez originale de prendre l'air... Réservé à quelques artistes de cirque, le trapèze volant ? Du tout ! assurent Rosa Chalon, Nathalie Istria et Maxime Prieto. Ils en sont d'ailleurs la preuve : c'est dans le cadre de leurs loisirs que les deux premières sont devenues des voltigeuses confirmées, cependant que le troisième, un temps responsable de l'école de cirque du Club Med, y a initié bien des vacanciers. Ensemble, ils ont voulu développer la pratique de cette discipline en Corse, et ont pour ce faire créé Tocca l'aria, école de trapèze volant ouverte à tous (lire Corsica n° 103). En avril dernier, elle démarrait ses activités en proposant, lors de « journées portes ouvertes », des baptêmes gratuits pour adultes comme pour enfants. Qui ont attiré près de 2000 visiteurs en l'espace de 15 jours. Preuve, manifestement, que la perspective de s'élancer dans les airs en titille plus d'un ou plus d'une. Depuis le mois de juin, Tocca l'aria accueille donc à Porticcio tous ceux qui souhaitent s'initier au trapèze ou plus simplement faire au moins une fois l'expérience et s'offrir quelques sensations aériennes. Elle propose également des stages pour les groupes et les entreprises. Une façon comme une autre de prendre l'air et même, nonobstant la chaleur, de s'offrir quelques petits frissons. Une façon, aussi, de se lâcher... avec filet. EM
En savoir plus : 06 34 65 22 30 et www.trapeze-volant-corse.com

 
 

Echecs, Léo Battesti invite Kasparov !


Garry Kasparov sera l'invité d'honneur de l'Open international de Corse présidé et organisé par Léo Battesti. La manifestation, qui ne cesse de prendre de l'ampleur, se déroulera les 25 et 26 octobre au théâtre municipal de Bastia et les 27 et 28 octobre au palais des congrès et exposition d'Ajaccio. Rappelons que celui qu'on appelle « L'ogre de Bakou » en raison de son caractère bien trempé est considéré comme le meilleur joueur d'échecs de tous les temps avec Bobby Fischer (qu'il n'a jamais rencontré en compétition). CS

 
 

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Théâtre, Maupassant, de l'autre côté des murs


Parce qu'une compagnie théâtrale se doit de jouer y compris là où ne l'attend plus, la compagnie Théâtre Neneka se produit aussi dans les prisons de Corse avec Contes fantastiques, de Maupassant. François Orsoni, comédien, metteur en scène, fondateur de la compagnie Théâtre Neneka, a cette conviction que « la littérature est un véritable médicament pour la société. Et faire du théâtre, c'est aussi passer cette littérature ». Et la faire passer partout, y compris là où l'on ne l'attend pas ou plus, en allant rencontrer un public qui ne peut, pour des raisons matérielles ou physiques, fréquenter les salles de spectacles traditionnelles. En prison, par exemple. C'est ainsi qu'en 2002, déjà, la compagnie avait eu l'occasion de donner Woyzeck, de Büchner, au pénitencier de Casabianda où un détenu a depuis lancé un atelier théâtral. Une expérience à part pour des comédiens : « On joue en plein jour, dans des salles qui ne sont pas prévues à cet effet, sans artifice pour ainsi dire, et c'est l'acteur qui crée l'illusion. Puis, la représentation finie, on retourne au-dehors et on réalise que ce public avec qui on a partagé un moment va rester à l'intérieur des murs. » Des moments intenses, « une émotion différente » que François Orsoni a souhaité renouveler. Mais en aucun cas dans le but de se faire plaisir, ni pour la recherche d'une performance ou de sensations fortes. « La prison est un lieu où il n'y a pas de place pour la tricherie, le cabotinage, il faut au contraire laisser de côté tout ego d'artiste et y aller avec son coeur. Aller là nous ramène tout simplement à l'essence de notre métier : apporter quelque chose aux autres ». C'est dans cette optique que, début août, la compagnie se produit à Casabianda puis à Borgo, avec Contes fantastiques, de Maupassant. Une pièce interprétée par François Orsoni et Jean-Pierre Pancrazi qui s'appuie sur une sélection des contes dans lesquels Maupassant fait naître le fantastique de l'humain, de ses comportements, de ses drames et « qui permettent de renvoyer à notre vie d'aujourd'hui ». La pièce sera également représentée en octobre à la prison d'Ajaccio, dans le cadre de Lire en fête, en partenariat avec la bibliothèque municipale. Parce que le théâtre a aussi « sa place, non pas en prison, mais dans les prisons ». EM


 
 

Environnement, (presque) tout baigne !


Comme chaque année, la DSS de Corse et de la Corse-du-Sud, la DDASS de Haute-Corse et l'Office de l'environnement de la Corse ont fait un point sur la qualité des eaux de baignade en Corse. Globalement, ça baigne... « Elle est bonne ? » « Au début, elle est un peu fraîche mais après, ça va... » Air connu... Quant à savoir si elle est aussi propre... Le 9 juillet, les services sanitaires et l'Office de l'environnement de la Corse ont fait un point sur la qualité des eaux de baignade en Corse, qui donne lieu à la co-édition d'une carte des baignades de l'île, en mer comme en eau douce. Pour chaque site recensé et surveillé - 164 en mer, 52 en eau douce - la qualité de l'eau (de « A : bonne » à « D : mauvaise » en passant par « B : moyenne » et « C : momentanément polluée ») est spécifiée.
Dans l'ensemble, les résultats affichés sont positifs : 96 % des points surveillés en mer et 88 % des points surveillés en rivière sont conformes aux normes européennes. Les eaux de « bonne qualité » dominent (91 % au total, la Corse-du-Sud affichant 88 sites ainsi classés contre 61 en Haute-Corse). Viennent ensuite les eaux de qualité moyenne (5 %) cependant que les sites « momentanément pollués » représentent 4 %. Aucun site n'est classé en « eau de mauvaise qualité ». Toutefois, il existe des zones fragiles, notamment en eau douce : les points de baignade du Taravo, de Ponte Vecchio et du barrage de Tolla qui pour la première fois est classé en C. De même, six sites en mer ont obtenu un classement en C. Trois à Ajaccio, un sur Calvi, un dans le Cap corse, un sur la Côte orientale. Dernière précision, la carte établie l'est sur la base des prélèvements effectués en 2007. Entre-temps, certains points momentanément pollués peuvent ne plus l'être cependant que d'autres, classés en A, ont pu connaître des problèmes. La campagne de prélèvements 2008 a démarré. A titre d'exemple, ses résultats provisoires donnaient pour la Corse-du-Sud des eaux de mer de bonne qualité à 77 %, de qualité moyenne à 21 %, de mauvaise qualité à 2 %. Les informations sur les résultats des prélèvement effectués lors de l'été 2008 sont affichées sur les sites ou dans les mairies, ou également disponibles sur internet (http ://corse.sante.gouv.fr). EM

 
 

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Bridge, un festival pieds dans l'eau


La quatrième édition du Festival international de bridge d'Ajaccio se déroulera les 6 et 7 (open) et 8 et 9 septembre (mixte) dans les salons de l'hôtel de La Parata, route des Sanguinaires. Autrement dit, face à l'un des plus beaux golfes du monde (et de fait, à moins de cent mètres des plages) ! De quoi séduire plus d'un bridgeur, mais qui a sans doute nécessité quelques efforts - louables - de la part des organisateurs (le comité corse de bridge et l'ensemble des clubs de la ville). Ainsi, outre les meilleurs joueurs de Corse (Marceau Simeoni, Bati Costa, Don Georges Simeoni, Thierry Vincentelli, etc.) sont attendues des « pointures » comme le champion du monde Franck Multon ou les internationaux Palau, Lesguiller, Grenthe (père et fils). Au total, plus de deux cents participants.
On notera au passage que plus de la moitié de ces festivaliers viennent du continent, voire de l'étranger. Ce qui n'est pas sans intérêt, au plan économique, compte tenu de la période. Rappelons que ce Festival est doté d'environ 15 000 euros. Et que les tenants du titre sont deux jeunes - étonnants ! - bridgeurs insulaires : Dumè Maurizzi (trente ans) et Fred Poggi (vingt-huit ans). Dumè Maurizzi ayant conclu de la plus belle des manières une saison époustouflante (quatre finales nationales) qui l'aura vu passer directement de seconde série coeur à la première série coeur !
Le comité corse qui voit éclore régulièrement de nouveaux talents, a de beaux jours devant lui. Quant au Festival d'Ajaccio, qui vivra donc sa quatrième édition, il ne fait plus de doute qu'il s'impose à toute la famille du bridge comme un rendez-vous incontournable. CS

 
 

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Expo, enquête sarde pour limiers en herbe


Le musée de la Corse décline les thèmes principaux de son exposition « Corse-Sardaigne, deux îles en miroir » dans « L'enquête sarde », une exposition ludique à l'attention des enfants de 6 à 11 ans. Ça commence comme dans un film policier. Les fulgurances bleues des gyrophares dansent sur les murs. Une télé s'allume pour un flash d'info spécial : un voleur s'est introduit dans le musée pour tenter d'y dérober une oeuvre représentant la Sardaigne ! Surpris par le système d'alarme, il s'est sauvé avant d'avoir pu accomplir son méfait. En revanche, il a bouleversé toute l'exposition, laissant derrière lui un tel désordre que les éléments sardes et les éléments corses se sont mélangés. Pour démêler cet embrouillamini, plusieurs limiers ne seront pas de trop. L'enquête sarde peut alors commencer. Les jeunes visiteurs se voient confier une panoplie d'enquêteur et la mission de retrouver et rassembler les éléments du mobilier d'exposition sarde. Au terme de leurs investigations, ils auront découvert les parallèles, les points de croisement et les divergences entre Corse et Sardaigne.
Anne Bilger, responsable du service de la médiation culturelle au musée de la Corse, a conçu cette exposition comme un puzzle où « les éléments isolés ne prennent leur sens que lorsqu'ils forment un tout ». Par ailleurs, explique-t-elle, le principe de l'enquête policière « ça fonctionne toujours ! c'est un excellent moyen d'attirer l'attention des enfants, de les faire participer en s'amusant », d'éveiller leur intérêt pour une exposition anthropologique qui au départ semble s'adresser exclusivement aux grands. En se baladant dans différentes sections du musée, reconstituées pour eux, à leur échelle ; en décodant les indices, en farfouillant et triant patiemment dans le capharnaüm laissé par le cambrioleur, en identifiant et reconstituant des pièces de mobilier appartenant soit au patrimoine corse soit au patrimoine sarde, les membres de la petite brigade spéciale « Enquête sarde » vont cependant en apprendre aussi long que les adultes. Et même peut-être leur faire regretter méchamment de n'avoir plus l'âge de jouer au détective. EM
L'enquête sarde, jusqu'au 30 décembre 2008 - Rens : 04 95 45 25 48

 
 

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Initiative, lectures salées à Ajaccio


Jusqu'à la fin septembre, à Ajaccio, 200 ouvrages sont mis à la disposition du public sur les plages du Trottel et de la Terre Sacrée. L'opération U libru a l'acqua promet ainsi des lectures qui, même sages, ne manqueront pas de sel... Si tu ne viens pas à la bibliothèque... la bibliothèque ira à toi ! Jusqu'à la mer ! En tout cas, à Ajaccio, où le réseau des bibliothèques et médiathèques de la ville, en partenariat avec le service environnement, en charge de la gestion des plages, ont lancé l'opération Lire à la plage (U libru à l'acqua) : « Un projet novateur qui fait suite à une série d'actions qui ont fait passer le nombre d'inscrits au réseau de lecture publique ajaccien de 500 en 2002 à 10 000 en 2008 ». Et qui a fait ses preuves ailleurs, déjà. En Seine-Maritime, par exemple, où depuis 3 ans des « cabanes à livres » ont fait leur apparition sur les plages, offrant aux baigneurs des pauses-lecture gratuites. D'année en année, ce dispositif, conduit par les bibliothèques municipales des communes concernées, s'est étoffé, renforcé. Après avoir démarré en 2006 sur 3 villes, il en concerne désormais 11, du Havre au Tréport en passant par Dieppe et Fécamp, et le bilan de 2007 faisait état de 44 000 lecteurs de tous âges sur 8 sites, pour quelque 1 000 livres disponibles sur chaque site.
Il y a donc de bonnes chances que U libru a l'acqua ne fasse pas plouf ni flop. D'autant que le concept ajaccien est séduisant, convivial : installés près des postes de maîtres-nageurs-sauveteurs, des coffres de pirates où puiser BD, polars, classiques ou revues. Tous à lire sur place, gratuitement, de 10 à 19 heures. Et, pour éviter que, tout à sa lecture, on en vienne à ignorer que le soleil tape dur et qu'on est gentiment en train de s'ankyloser les coudes sur le sable, des parasols, des transats et des chaises pour enfants sont également mis à disposition. Financée par la ville d'Ajaccio et la Collectivité territoriale (à hauteur de 30 % pour l'acquisition des 200 ouvrages) U libru a l'acqua, qui a débuté le 10 juillet et devrait s'achever fin septembre, concerne les plages du Trottel et de la Terre Sacrée. Les prochains salons où l'on cause... de ses lectures ? EM

 
 

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Récompenses, Pierre-Jean Luccioni couronné


Notre confrère a reçu le Prix du livre corse pour son ouvrage monumental, l'inventaire des savoir-faire insulaires Tempi Fà de notre confrère Pierre-Jean Luccioni a été couronné cette année par le jury du Prix du livre corse que préside Jocelyne Casta. Ce livre imposant de plus de 600 pages et 2 000 photos restitue les savoir-faire antiques de l‘île. Une somme de recherches entreprise pour alimenter l'émission éponyme programmée pendant des années sur France3 Corse. Avec Tempi Fà, c'est la Corse patrimoniale qui s'expose dans sa ruralité. Ce n'est pas un livre musée, mais au contraire une invitation faite aux générations modernes de continuer l'inventivité, la richesse des travaux et des jours que nos ancêtres ont su initier.
Réuni sous les frondaisons de l'auberge de Tuani au coeur de la Restonica, le jury a aussi primé une oeuvre en langue corse : celle de Ghjan-Maria Comiti, U sangue di a passione. On sort ici de la traditionnelle poésie qui caractérise la majorité des productions littéraires in lingua nustrale pour un genre nouveau, le roman policier. Comiti innove donc et le jury a voulu saluer cette audace. L'auteur situe le récit de son livre dans sa ville de Bonifacio durant la semaine sainte. Ces deux ouvrages sont édités par Albiana.
Enfin deux autres livres ont retenu l'intérêt du jury qui leur a décerné une mention spéciale : Autonomisme Corse et irrédentisme fasciste de Jean-Pierre Poli (DCL), A Ghjanna de Dumenic'Antone Geronimi (Piazzola) PLA
Info Shopping: Livre tempi fa

 
 

société/Think tank, demain la Corse pour réfléchir et agir


« Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays ». La phrase, célébrissime, est de JF Kennedy. La voici en exergue sur la page d'accueil du site Internet du think tank Demain la Corse. Jean-François Battini : « Elle illustre parfaitement la philosophie de notre cercle de réflexion qui entend d'ailleurs s'orienter résolument vers l'action. »
Demain la Corse a été créé il y a quelques mois par Jean- François Battini, 47 ans, chargé de mission à la Collectivité territoriale, sous la forme d'une association qui ne recourt pas aux financements publics, mais se finance par elle-même ; le fait est assez rare pour devoir être souligné. Ce cercle regroupe des personnalités sans profil prédéfini : on y trouve aussi bien des entrepreneurs, des universitaires, des fonctionnaires, des hommes de médias, des jeunes étudiants, des ingénieurs, des membres de la diaspora insulaire ou des politiques (divers courants sont représentés). Tous entendent associer étroitement réflexion et action concrète au service de la Corse.
Les réunions ont lieu habituellement à Ajaccio, au Palazzu Domu, mais l'ambition est clairement régionale et des déplacements de terrain (visite le 25 juin de l'entreprise Solaria Systems à Bastia) ont été effectués et se multiplieront à l'avenir. Pour Jean-François Battini, « il ne s'agit pas d'affirmer ici la primauté ou l'omniscience de la société civile (même si Demain la Corse est pleinement issue et représentative de celle-ci), mais de favoriser, avec le concours de tous, la recherche de solutions nouvelles aux problématiques qui concernent l'île ».
Le premier sujet traité par Demain la Corse a été la déclinaison en Corse du Grenelle de l'environnement au travers d'un colloque (le 3 avril dernier, en présence notamment de Serge ORRU, directeur général du WWF). Et quelques propositions concrètes (accroissement considérable de la part des énergies renouvelables, équipement systématique des bâtiments publics en dispositifs économisant l'énergie et utilisant les ressources renouvelables, généralisation des ampoules à basse consommation au travers de financements appropriés, etc.) ont été transmises aux décideurs.
Demain la Corse travaille à présent à un colloque, prévu pour la rentrée, sur le thème de la précarité et a déjà auditionné des dirigeants du Secours populaire, du Secours catholique, des Restos du coeur et de la FALEP. CS
Contact : www.demainlacorse.com

 
 

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Environnement, les années méduses


Pelagia noctiluca pour les intimes, la méduse semble devoir s'installer durablement en Méditerranée. Leur cycle de présence est en effet plus long que par le passé. Sidérant ? Médusant, plutôt ! Les scientifiques sont quelque peu inquiets de voir que les méduses ne désarment pas en Méditerranée : pour la huitième année consécutive, elles y font leur retour en force. Et ça, c'est inédit. A ce jour, expliquent en effet les océanographes, le cycle de la pelagia noctiluca était le même depuis quelque deux siècles : sept ans de présence, après quoi on n'entendait plus parler d'elle pour cinq ans. Cette année 2008 aurait donc dû inaugurer un nouveau « quinquennat sans méduse ». Or il n'en est rien. Cycle ou pas cycle, tradition ou pas, elles rempilent, persistent et signent, apparemment décidées à s'installer durablement. Comme elles l'ont du reste déjà fait dans d'autres mers du monde. Parmi les causes invoquées pour expliquer ce phénomène, le réchauffement climatique (une température de l'eau plus élevée allongeant la période de reproduction), mais également la surpêche qui réduit de façon significative le nombre de ses prédateurs naturels (thon, tortues, requins). Dès lors, la méduse entre en concurrence directe avec plusieurs espèces marines auxquels non seulement elle dispute le plancton, mais dont elle devient également le prédateur en dévorant leurs oeufs ou larves. Révélateur des modifications et des déséquilibres d'un milieu marin, elle en est aussi un facteur aggravant. Autre conséquence, d'un intérêt écologique beaucoup plus limité, la présence de ces bestioles constitue un risque pour le tourisme en détournant les vacanciers de certaines destinations. Ce qui n'est pas pour déplaire à certains membres de la communauté scientifique : pour l'heure les gouvernements comme les grosses sociétés se sont montrés peu disposés à investir d'importantes sommes pour l'étude de ces invertébrés. Pour quelques poissons qui disparaissent, on ne va pas en faire tout un plat... En revanche, si les bestioles commencent à mettre à mal l'industrie du tourisme, il y a quelque chance de voir débloquer des fonds. EM

 
 

La rédaction

 
 
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