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N°106 - Juillet 2008
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Par La rédaction

 
 

Corsica & Vous

 
 

L'actu de la Corse en quelques brèves...

 
 

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Paoli au coeur de la présidentielle américaine


En juin dernier, à l'Aghja, nous avons pu voir ou revoir Looking for Paoli, film documentaire écrit et réalisé en 2007 par Catherine Sorba et Francis Aïqui, et découvrir Paoli City, pièce écrite et mise en scène par ces mêmes auteurs, les deux oeuvres s'inscrivant dans un diptyque, Looking for Paoli. Memento : l'action se déroule sur une journée dans une maison de village corse et réunit trois personnages : Lisa, une jeune Américaine, Antoine et Joseph, amis de longue date. Lisa est la veuve de Noël, le troisième ami parti en Amérique trente ans auparavant et mort dans un accident de la route dix ans plus tôt. Lisa est venue en Corse pour essayer de mieux connaître Noël. Qui d'autres que ses deux meilleurs amis pour lui parler de son défunt époux ? Ensemble, ils tentent de reconstituer le puzzle de l'existence de Noël.
Dans les années 75/80, Noël, Antoine et Joseph ont noué sur leur île une forte amitié, amitié nourrie de l'actualité qui secoue la Corse en cette période troublée qui suit les événements d'Aleria. Noël, sans doute le plus fougueux, le plus idéaliste, est parti très jeune pour un pèlerinage sur les traces de Pasquale Paoli et James Boswell, son chroniqueur écossais qui l'a révélé à l'Europe des Lumières. Aucun d'eux ne sait ce qu'il a vécu avant sa rencontre avec Lisa à Paoli City. Les trois personnages revisitent ensemble trente ans d'une histoire qui, de la Corse aux États-Unis d'Amérique sonne le glas de beaucoup de rêves, d'espoirs et d'illusions. Antoine et Joseph semblent très désabusés, ne plus éprouver aucune illusion sur le monde dans lequel ils vivent, alors que chez Lisa, l'unique personnage féminin, perce encore une note d'espoir, un regard plus ouvert sur d'autres possibles.
On n'a pas fini d'entendre parler de Looking for Paoli. Ainsi, la pièce sera-t-elle reprise à l'Aghja, à Ajaccio, en novembre prochain. D'ici là, elle aura été éditée. Jouée à Philadelphie, New-York, Washington et bien sûr Paoli City durant l'élection présidentielle.
Francis Aïqui : « L'après Bush n'est pas un épisode banal de la politique aux États-Unis. Et comme la pièce est une réflexion sur la démocratie et les utopies, elle ne pouvait trouver meilleures circonstances pour être jouée. » Cette période américaine sera aussi l'occasion de tourner les images qui nourriront le troisième volet d'une oeuvre conçue selon le mode du triptyque. Quant au film, il fera l'objet d'un DVD, à paraître durant l'hiver. Looking for... CS

 
 

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Ajaccio accueille le championnat du monde de footvolley


Début juillet (4 au 6), la place Miot à Ajaccio accueille la troisième manche du Championnat du monde de footvolley 2008. On se rappelle que l'an dernier l'événement avait attiré plus de 10 000 personnes en trois jours ! L'association Sport Med organise cette nouvelle édition avec le soutien de Gaétan Huard, président de la Fédération française et l'appui technique de la Ligue corse et de la Fédération internationale, le World Footvolley Tour. Après Goiania (Brésil) où s'est imposée la paire Guigui/Alexandre et dont on retiendra également la bonne performance de la paire française Pinardon/Colonna qui a terminé à une très honorable 6e place, et après Ibiza (les 5 et 6 juin derniers), c'est à Ajaccio que se jouera la troisième manche (juste avant Albufeira au Portugal). Et c'est Ajaccio qui reste l'événement le plus doté du circuit mondial de footvolley avec un prize money total de 10 000 euros ! Français, Espagnols, Paraguayens, Brésiliens, Thaïlandais sont au rendz-vous de cette compétition extrêmement populaire sur la place Miot. Pour ce faire, ce sont près de 300 tonnes de sable qui y seront disposées, constituant ainsi une aire de jeu d'une surface d'environ 600 m2 au coeur de la cité impériale. Rappelons que la paire brésilienne Belo/Marcelinho est tenante du titre (deux autres paires brésiliennes complètent d'ailleurs le podium). Et que la paire ajaccienne Achard/Alessandri s'était formidablement installée au cinquième rang de ce classement mondial ! CS

 
 

Théâtre de Propriano. Le retour de Cinqui so


Après deux ans d'absence de la scène corse, Cinqui so présente Crucivia au théâtre de Propriano le 31 juillet. Ce nouveau spectacle condense près de vingt ans de concerts durant lesquels Cinque so a parcouru le monde (Europe, Japon, États-Unis, Palestine). La nouvelle formation de sept chanteurs visite le répertoire traditionnel du sud de la Corse, mais aussi les cinq albums du groupe (Pulifonii corsi, Com'acqua linda, Tarraniu, Essenza, Circa vita) et des chants inédits composés par Jean Godinat qui figureront sur un prochain album dédié aux vingt ans du groupe. Le répertoire est largement consacré aux poésies de Rinatu Coti, ce qui atteste son attachement pour l'auteur et la langue du sud. A noter enfin que ce nouveau spectacle privilégie les timbres de voix, qu'elles soient seules ou simplement accompagnées de la guitare de Paul Cesari. CS

 
 

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Litérature. Joyeux trilogue sur l'esprit d'aventure


Qu'est-ce que l'esprit d'aventure ? Quelle est son importance pour l'individu ? Quel rôle joue-t-il au sein des sociétés ? Ils sont trois à répondre à ces questions : Gérard Chaliand, grand voyageur qui a théorisé ses expériences d'observateur-participant dans les luttes armées ; Jean-Claude Guilbert, reporter-écrivain, héritier d'Hugo Pratt ; Patrice Franceschi, président honoraire de la Société des explorateurs français, écrivain-aventurier et capitaine du fameux trois-mâts La Boudeuse. Au travers de ce trilogue, on est conduit à redéfinir les liens entre action et réflexion, à porter un regard neuf sur les hommes qui ont élargi le champ de la connaissance et sur les personnages mythiques qui ont marqué notre imaginaire (Mac Orlan, Malraux, Napoléon, De Gaulle, Cervantes, Carmen, etc.). Ce livre nous replonge dans l'histoire, la philosophie et la métaphysique. Avec cette manière haletante de la conversation qui donne autant de plaisir que de facilité dans la lecture.
Morceau choisi :
Patrice Franceschi. « [...] Fondamentalement, l'intuition est une saisie directe des choses sans le passage par la raison. Elle permet en quelque sorte de les sentir d'un seul coup. Dans l'esprit d'aventure, cette forme d'intelligence, particulièrement subtile, que l'expérience acquise renforce constamment, me paraît être le versant complémentaire de l'intelligence rationnelle. Toutes deux se complètent et s'épaulent, et l'une comme l'autre sont nécessaire à cet esprit. Dans le domaine intellectuel, l'intuition permet de comprendre vite, avec justesse et sans détour. Dans l'action, l'intuition est encore plus essentielle, notamment dans les cas d'extrêmes périls ou lorsqu'il faut faire des choix immédiats et fondamentaux parce que tout dépend d'eux. »
Gérard Chaliand : « L'intuition est peut-être à la source de toute créativité. Qu'elle se nourrisse de l'expérience, c'est l'évidence. »
Jean-Claude Guilbert : « Je vais surenchérir [...] J'aime bien l'idée de voir dans l'intuition l'acte créateur de toute décision. Quant à l'expérience, elle peut faire se remémorer les intuitions utiles, mais surtout rappeler les mauvaises intuitions... »
Dès lors ce livre ne nous invite plus seulement à une réappropriation individuelle et collective de l'esprit d'aventure. Il avance une question qui nous concerne tous : la place de l'esprit d'aventure dans nos sociétés en quête de sécurité ne dépasserait-elle pas le cadre d'une interrogation de pure forme pour se poser comme une véritable question de société ? CS

De l'esprit d'aventure, L'aube, 412 pages, 12 E

 
 

Bac. Les filles, deux cents de mieux


Cette année, 2 485 candidats se sont présentés au baccalauréat dont 1 355 filles et 1 130 garçons. Quelque 1 300 ont choisi le bac général, 800 le bac technologique et 300 le bac professionnel. Corse-du-Sud : 695 : Haute-Corse : 665. Les candidats libres étaient 250. En ce qui concerne l'épreuve de langue corse, il n'y a pas foule : 99 candidats à l'épreuve écrite, 114 à l'oral obligatoire et 130 à l'oral facultatif pour le bac général ; 81 à l'écrit et l'oral obligatoire et 74 à l'oral facultatif pour le bas technologique ; 67 candidats sont inscrits à l'oral facultatif pour le bac professionnel. GM

 
 

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théâtre. Totò prince des poètes


Pour qui veut tâter du napolitain et mesurer son voisinage avec le corse, il faut lire le recueil du plus grand acteur comique italien. Totò n'était pas seulement acteur, il était poète, encore que le rire est aussi une forme de poésie. Il écrivait dans sa langue maternelle : le napolitain. Mais le Totò poète est peu connu. Ses oeuvres ont été regroupées dans un recueil - A Livella (1) - avec une préface de Luciano De Crescenzo cet autre napolitain qui précise qu'il y avait trois Totò : le comique, le prince, le poète, et les deux derniers ne faisaient pas toujours bon ménage. Il suffit de lire la poésie qui porte le titre du recueil pour s'en convaincre. Elle met en scène un marquis et un balayeur dont les tombes au cimetière de Naples sont voisines. Ces deux fantômes que Totò épie un 2 novembre (jour des morts) à la « faveur » d'un enfermement involontaire, conduisent un dialogue de classe. Le dernier mot appartiendra au balayeur, Gennaro, qui las d'essuyer les remarques hautaines du marquis lui reprochant notamment la proximité de sa tombe conclura « Que t'importe mon voisinage, laisse ces amusements aux vivants, nous, nous sommes sérieux, nous appartenons à la mort » (2). Toto fait discourir aussi les chats et les souris et ne manque pas d'émouvoir dans « Ngiulina » où il parle de son premier amour.
Antonio de Curtis, dit Totò, était le plus grand acteur comique italien. Pour situer sa véritable dimension artistique René Marx (qui a écrit la première étude française de son oeuvre : Totò le rire de Naples, éd. Henri Berger), n'hésite pas à déclarer : « Toto n'est pas un acteur comique ordinaire : c'est un géant du cinéma, et sans doute un peu plus ». Sa filmographie impressionnante (plus de 90 films) d'inégale valeur, prouve cependant le génie de ce monstre sacré disparu en 1967 que l'Italie n'a pas oublié, mais que la France a méconnu alors qu'il en était un de ses hôtes les plus illustres et les plus assidus. Il résidait régulièrement au Lavandou qu'il loua d'ailleurs dans une poésie écrite en français.
Vingt-six poèmes composent ce recueil. Le napolitain n'est pas difficile à lire pour ceux qui pratiquent le corse, il est plein de ressemblances avec nos parlers insulaires. En quelques quatrains, Totò construit parfois de véritables petites pièces de théâtre, qui a constitué le tremplin de sa carrière, et ça se sent. « Totò était un comique de langage », écrit encore Lorenzo De Crescenzo. Ses vers prouvent aussi qu'il savait manier la langue des poètes. PLA

(1) A Livella, poesie napoletane, Gremese Editore (Roma)
(2) Supporteme vicino - che te'mporta ?
Sti ppagliacciate ‘e ffanno sulo‘e vive : Nuje simmo serie, appartenimmo â morte !

 
 

Cinéma. André Biancarelli en tête de Cinémaffiche


Jusqu'à la fin septembre, la cinémathèque de Corse rend hommage à André Biancarelli, gérant de salles de cinéma et cinéaste amateur. Comme chaque été, la cinémathèque de Corse organise son désormais traditionnel Cinémaffiche : projections, expositions, rencontres, autour d'un thème ou d'une personnalité en relation avec la Corse et le cinéma. Cette édition 2008 qui se déroule de juillet à fin septembre, sera consacrée au cinéma amateur, avec un hommage particulier à André Biancarelli. Un homme de cinéma à plus d'un titre. Outre le fait d'exploiter plusieurs salles (L'Oriental, à Porto Vecchio, Le Cyrnos, à Bonifacio) André Biancarelli, cousin de Marie-José Nat, a, pendant de nombreuses années, filmé la vie locale en 16 mm. Pour rendre compte de son parcours, plusieurs séances de projections de ses films, mais aussi d'une interview de lui réalisée par Jean-Pierre Mattei, une exposition conçue comme un voyage dans le temps reviendra sur les films qu'il proposa à L'Oriental : affiches, photographies, mais aussi informations sur les entrées, les recettes générées par ces films, ainsi qu'une présentation d'objets tels que fauteuils de cinéma ou maquettes. Cet hommage donnera également lieu à l'édition d'un DVD et d'un livret. EM

 
 

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Blogosphère. Edmond Simeoni vous attend


Denier venu dans la blogosphère des hommes politiques corses : Edmond Simeoni (1). Sa motivation, on la trouve sur la page d'accueil : « Je veux apporter, par cette initiative, ma contribution, modeste mais déterminée, à un authentique débat public, servi par les nouvelles technologies de l´information. » Les diverses rubriques abordent tous les aspects de la vie publique de la Corse, et des vidéos permettent au plus célèbre des nationalistes d'éditorialiser sur la situation politique de l'île. A noter ce dilemme dans la perspective de la prochaine territoriale : faut-il créer une fédération entre nationalistes ou bien travailler désormais à une convergence démocratique ? Sur la base des dernières élections municipales qu'il considère comme un succès pour le bloc Chjama-PNC, il ne cache pas son attirance pour la seconde solution. Mais il attend, avec impatience les internautes pour en débattre. JGP

(1) www.edmondsimeoni.eu

 
 

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Musique. Orphée à Aleria


Orphée, Sappho, Oedipe, Aphrodite sont quelques unes des vedettes du concert de musique baroque que donne l'ensemble Orfeo Isulanu, le 19 juillet, sur le site antique d'Aleria. Le 19 juillet à 21 heures, le site d'Aleria est le cadre d'un concert autour du thème « L'Antiquité en musique, d'Orfeo à Sappho ». Pas plus qu'il n'y aura de galop infernal cher à Offenbach, on n'y entendra pas retentir la flûte de Pan, la lyre d'Apollon ou les cris des Bacchantes, mais bien les instruments et les voix de l'ensemble Orfeo Isulano. « Si c'est à la Renaissance qu'on redécouvre les héros de la mythologie grecque, c'est un peu plus tard, au siècle des Lumières, que les héros grecs sont devenus les protagonistes dans les livrets d'opéra », explique Irmtraud Hubatschek qui dirige Orfeo Isulanu. Ce retour de la tragédie grecque bouleverse les habitudes : « certains récits mentionnent l'état de choc des spectateurs après une représentation. Par exemple lors de la création de l'Orfeo de Monteverdi à Ferrare en 1607 ».
La technique du chant s'en trouve aussi modifiée : « La déclamation du texte devient prépondérante et un nouveau style apparaît, le recitar cantando, l'équilibre parfait entre le parlé et le chanté ». Irmtraud Hubatschek (violoncelle), Brigitte Peyre (soprano), Camille Mugot-Drillien (clavecin) et Jean-Claude Dumas (comédien) interprèteront des d'extraits des grandes oeuvres baroques inspirées de la mythologie : Euridice de Giulio Caccini ; Timon d'Athènes et Oedipus Music for a while de Purcell ; Thésée de Lully ; L'Olympiade de Pergolesi ; Didone abandonata, de Traetta ; La Favola di Orfeo de Monteverdi ; Orfeo ed Euridice de Gluck... Amenez votre muse attitrée... EM

 
 

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Mode. Shangaï pour tout le monde !


Notre bon vieux bleu de Chine, s'offre un regain de jeunesse avec Chandoo, marque de vêtements née en Corse. Ça étonne toujours un peu les touristes qui débarquent en Corse, tous ces autochtones qui déambulent en veste de bleu de Chine. C'est qu'entre nous et le « shangaï » - le nom vient d'une vieille marque qui a toujours ses nostalgiques - c'est toute une histoire. Que Dominique Casalonga résume volontiers. A la fin du XIXe siècle, explique-t-elle, les navigateurs ramenaient d'Indochine toutes sortes de marchandises dont ces fameux vêtements dits bleu de Chine, pratiques et agréables à porter. Les Corses qui furent nombreux à partir dans ce lointain territoire ne manquèrent pas de ramener chez eux cette tenue particulièrement adaptée à une activité de plein air, qu'on soit pêcheur ou paysan. « Et les bleus sont peu à peu devenus ici une sorte de vêtement traditionnel ». Mais la tradition peut fort bien s'accommoder d'une touche de fantaisie, d'innovation. Et c'est dans cet esprit qu'est née Chandoo, une marque locale qui décline à plaisir le bleu de Chine. Outre l'indigo, la bonne vieille veste de toile de coton est ainsi proposée en noir, en bleu, en imprimé camouflage, avec un col classique ou un col mao. Elle donne lieu, aussi, à des variations, en toile ou en voile : chemises, corsages féminins, tuniques. Le tout de bonne facture et pour un prix doux. « Les modèles sont conçus ici, mais nous les faisons confectionner en Thaïlande, dans un village. Et si on ne peut parler de commerce équitable, nous veillons à ce qu'on ne fasse pas travailler les enfants et que les salaires, décents, soient les mêmes pour les femmes comme les hommes » précise Dominique Casalonga. Pour mieux diffuser ces créations, elle a ouvert à Ajaccio une boutique dont la clientèle est loin d'être exclusivement locale. « Je reçois aussi beaucoup de touristes qui, en achetant un bleu de Chine comme tant de gens en portent, ont le sentiment d'acheter un produit identitaire. Ou en tout cas qu'ils identifient fortement à la Corse ». EM

 
 

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Litérature. Trois lauréats du Prix des lecteurs de Corse


Composé de bibliothèques de l'île et de lecteurs insulaires, le jury du Prix des lecteurs de Corse récompense chaque année deux ouvrages parus en langue française et en langue corse (dotation de 5 000 euros par catégorie). Pour cette quatrième édition, au terme d'une phase de débats et de présélection de plusieurs mois, les 112 votants, représentants des bibliothèques et des comités de lecteurs, se sont réunis (le 11 juin) à l'Hôtel de Région pour procéder au vote des livres lauréats. Sur 70 ouvrages en lice, 10 en français et 5 en corse ont été retenus. Ont été désignés lauréats (ex-aequo) au terme du vote final Mal de pierres de Milena Agus et Elle s'appelait Sarah de Tatiana de Rosnay et Stremu meridianu de Marcu Biancarelli. A noter que dans la catégorie langue corse avaient été présélectionnés L'intriciatta de Marc Ceccarelli, Di rime e di passione de Carl'Anton Guastalli, Altro de Pasquale Ottavi et O pa forza o pa amore de Petru Antoni. Le Prix des lecteurs de Corse sera remis aux lauréats par Ange Santini, président du conseil exécutif de Corse, en septembre lors d'une réception à l'Hôtel de Région. CS

 
 

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Expo. Voyage en pays de lumière


Bernard Filippi expose sa peinture en juillet et en août au Palazzu Domu, rue Bonaparte à Ajaccio. Une base colorée souvent soutenue et profonde. Tout est là, probablement. Cependant la peinture de Bernard Filippi prend des « risques », comme il aime à le dire. Peut-être parce que « la vibration esthétique qui élabore l'ensemble est celle d'une peur originelle, d'un équilibre angoissé qui emporte la composition dans une danse violente. » Ainsi, ses toiles, nourries de la lumière, des paysages et des bords des routes de Corse, mettent en péril le regard. Celui du peintre mais aussi celui du spectateur, forcé de vérifier ses habitudes pour construire sa propre écriture visuelle, son propre paysage. En acceptant alors le risque de se faire « accrocher » pour reprendre la formule très imagée de Bernard Filippi.
Toujours marquées par l'expressionnisme éclatant des couleurs, certaines oeuvres introduisent une structuration plus géométrisée et comme hantée par une présence féminine. Les titres Bergère inattendue, assoupie, sereine, Elle a marché au bord de la rivière ou bien La jolie rousse convoquent alors le symbolisme et un tissu de culture et d'étonnements intimes et poétiques. Ainsi les ravins et le bord des routes sont pleins de délices et le risque est tout simplement celui de la beauté.
Né à Tox en 1950, après des études en arts plastiques à l'Université de Paris I, Bernard obtient un diplôme d'études approfondies en sciences de l'information et de la communication et enseigne à l'université de Paris XIII. Peintre et lithographe il participe depuis 1970 à plusieurs salons et manifestations en France et à l'étranger. Il expose régulièrement à Paris, en Corse et en Provence. Il est depuis 2005, conseiller pour les arts plastiques à la Collectivité territoriale de Corse. CS

 
 

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Armée. Les vétérans de retour sur le lieu de leurs exploits


C'est à la suite de Jean-Marie Pierucci, président de l'association Militaria vehicles group 2b, que ces vétérans américains de la Seconde Guerre mondiale se sont retrouvés au Rancho bar de Bastia. Le patron, René Mattei, tout à son admiration pour l'US Army a eu cette phrase à leur arrivée : « Ceux-là, ils ne se sont pas battus pour le roi de Prusse. » Quant au président Pierucci, incollable sur tout ce qui concerne l'US Air Force, il rappelle volontiers que ces hommes, vieillis certes mais toujours ingambes, ont été l'honneur du monde. Donnant leur vie, si loin de leur pays, non par intérêt, mais par idéal. Ils sont exceptionnels comme le sont ceux qui ont un jour brandi l'étendard de la liberté.
Auparavant, ils avaient été reçus au collège de Folelli, par Xavier Casciani qui, dans un projet pédagogique, a voulu sauver de l'oubli le destin de ces hommes. Car - quel plus joli symbole ! - l'établissement où une plaque scellée il y a dix ans rappelle l'épisode, est construit à l'endroit même où se trouvait la piste de fortune d'Alto d'où ils décollaient en 1944 pour reconquérir la Méditerranée. Avant de poursuivre leurs exploits dans le ciel de France jusqu'à la fin du conflit. JGP

 
 

expo. Nous sommes deux soeurs jumelles...


La nouvelle exposition temporaire du musée de la Corse ne rend pas hommage à Catherine Deneuve et Françoise Dorléac. Elle se penche plutôt sur deux îles « en miroir » : la Sardaigne et la Corse. Ce serait arrivé il y a près de 20 millions d'années. Difficile donc d'avoir des témoignages de première main attestant que l'événement était placé sous le signe des Gémeaux. Reste que pour les géologues, la plaque corso-sarde s'est détachée du massif provençal Maures/Esterel pour ensuite se diviser en deux îles. Naissance de deux « jumelles », la Corse et la Sardaigne qui, si elles ne se ressemblent pas vraiment comme deux gouttes d'eau, présentent une flore et une faune originale qui leur est commune. Pour le relief, c'est autre chose, l'une est plutôt du genre « planche à pain » cependant que l'autre fait allègrement saillir ses sommets. Les deux frangines ne connaîtront pas davantage la même histoire et leurs pratiques culturelles, sans être radicalement divergentes, diffèrent malgré tout.
Pourtant, les échanges et les relations entre elles remontent à la préhistoire (on a retrouvé par exemple de l'obsidienne sarde sur de nombreux sites préhistoriques corses) et aux XVIIIe et XIXe siècle, la Gallura sera repeuplée par des Corses. Jusqu'au 30 décembre, le musée de la Corse consacre une exposition à ces deux « îles soeurs », à ce qui les éloigne, les distingue, et plus encore à ce qui les rapproche. « Corse-Sardaigne, deux îles en miroir » présente, en regards croisés, des collections corses et sardes (cartes, objets, gravures et peintures, photographies), en centrant particulièrement son propos sur la première moitié du XXe siècle qui voit les Bouches de Bonifacio devenir une sorte de frontière. Qui ne finira par s'ouvrir - de façon aujourd'hui encore trop partielle - que dans un passé très récent, avec la mise en place des programmes européens de coopération inter-régionale. Cette exposition qui, plutôt qu'un bilan, se veut une invitation à des collaborations futures, sera peut-être une occasion supplémentaire de resserrer les liens familiaux. EM

 
 

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Litérature. Voyage au bout des brigades rouges


L'histoire commence en gare de Milan. Il est plus de neuf heures du soir et un homme traqué prend place dans un wagon. Tout au long de ce voyage au bout de la nuit, il va interroger son passé de terroriste des Brigades Rouges. Armes et bagages, journal des brigades rouges, d'Enrico Fenzi, retrace ce trajet en forme de confession. Docteur ès lettres et ancien membre des Brigate Rosse, l'auteur a connu l'engagement total des années de plomb italiennes. Arrêté en 1979, en 1981 en compagnie de Mario Moretti, chef historique des « BR », il purgera plusieurs peines de prison dans les années quatre-vingt et 90. Son histoire ne nous ramène pas seulement dans un passé pas si lointain où de jeunes idéalistes crurent que le pouvoir était au bout du canon : elle livre aussi les clés d'une interrogation nécessaire sur la notion de « lutte armée ». Une entreprise d'autant plus nécessaire que la plupart des ouvrages de référence sur la question (Piombo Rosso de Giorgio Galli ou Brigate rosse de Mario Moretti notamment) n'ont toujours pas été traduits en français. Le tout, servi par un style alerte. Brillant, passionnant et émouvant. AA

Enrico Fenzi, « Armes & bagages, journal des brigades rouges », Les Belles Lettres.

 
 

La rédaction

 
 
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