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Soyons honnêtes : il revient à Patrice Antona, le virevoltant chroniqueur de France Bleu Frequenza Mora, de nous avoir récemment mis le doigt sur l'écorce. Celle du Padouk, en l'occurrence. Non : pas le Padduc, le Padouk. Nuance. D'aucuns estiment sous nos aimables latitudes que le premier, loin de constituer l'ultime avatar de nos élus pour bétonner en paix, est un plan en bois. De ce fameux bois dont, par chez nous, on fait les langues.
Les ébénistes et les menuisiers, eux, savent que le Padouk est aussi un arbre. La comparaison, ici, n'est pas sans raison. Du côté des similitudes entre le Padduc et le Padouk (baptisé « Mongola » en république démocratique du Congo, soit signalé sans malice), on notera d'abord que le premier semble promis au naufrage et le second, dixit un expert, souffre d'une « flottabilité variable ». Que le Padouk, toujours selon notre spécialiste, ne subit qu'un « risque de déformation très faible », à l'instar de son quasi-homonyme, que l'exécutif régional tente sans trop y parvenir de faire amandier. Pardon : amender.
De même, si les scories du Padduc piquent les yeux et les nerfs de ses détracteurs, les poussières du Padouk peuvent se révéler « irritantes » à l'occasion de son sciage pour lequel « une lame au carbure de tungstène doit être privilégiée », nous fait savoir notre connaisseur sans qu'on lui ait rien demandé à ce sujet. Enfin, le Padouk « est parfois pris à tort pour du bois de rose », ce qui en fait - sauf erreur - un végétal menteur. Le Padduc, lui, joue les documents de référence quand il n'est, à en croire ses opposants, que le symbole de la rapacité de quelques édiles et le signe d'une volonté sans faille de livrer la Corse aux mâchoires des pelleteuses.
Pardonne ces digressions, ami lecteur. Tu l'auras compris : le Padduc, comme le Padouk, n'est en réalité que l'arbre dissimulant la forêt, le tronc commun où s'ébattent bateleurs babas et débatteurs rebattus, l'essence qui fait carburer en rond le moteur de l'anathème.
L'essentiel demeure à nos yeux caché, dans les replis de cette Corse ténébreuse où se meuvent souterrainement les lignes de force du grand banditisme, où les investisseurs venus du froid raflent à coups de pétro-roubles des hectares aujourd'hui inconstructibles, où dorénavant, on ne passera jamais à côté d'une occasion de dorer à l'or fin, et au soleil, une avidité de PLU en PLU partagée.
Ce n'est donc pas, ami lecteur, dans les paragraphes coquilleux du Padduc qu'il faut chercher la faille (bien qu'une telle entreprise ne soit pas sans utilité), mais dans les austères inscriptions de la conservation des hypothèques, sur les plans abscons des services cadastraux et entre les pages jet-set des feuilles de choux gras.
Ce que l'écrivain Marcu Biancarelli avait naguère qualifié d'« avant-garde du pire » dans les colonnes du Monde pointe déjà à nos rivages déclassés. À n'y prendre garde, et sérieusement, le danger est grand de voir bientôt transformer l'île de Beauté en bronze-(faux)-culs pour guitaristes aphones, pétasses à yacht-people et copains élyséens. Chouette programme.
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